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GUIDE DE SURVIE A BORD POUR LES MARINS PAS DU TOUT MEDECINS



GUIDE DE SURVIE A BORD POUR LES MARINS PAS DU TOUT MEDECINS


MARIEHAMN III

Dr Laure. Maral







Avertissement, préambule et introduction.


Lorsque j’ai préparé le voyage au Svalbard j’ai facilement pris conscience d’un potentiel accident dans une zone peu fréquentée et éloignée de tout. J’ai alors demandé à Laure ( la fille de son père) de m’aider sur deux points :


- Tout d’abord de me simplifier la pharmacie du Dr JY Chauve, sommité de la médecine en mer qui était conçue pour tous les cas possibles alors qu’il était extrêmement probable que nous n’aurions pas besoin de traitement contre le paludisme aux alentours du pôle nord. Exemple incontestable.

- De me préciser par écrit comment faire certaines opérations qui hélas pourraient s’avérer nécessaire en milieu arctique isolé.


Dans mon esprit il était tout aussi clair que j’aurais commencé par appeler un médecin avec l’iridium (téléphone satellite) sur lequel j’ai toujours pris soin de conserver une heure de communication pour le cas où.

Le but de ce petit mémento n’est pas de vous permettre de vous substituer à un médecin qui a étudié et pratiqué les choses pendant ses neuf ans d'études mais de mieux pourvoir gérer une urgence, éventuellement avec le téléphone coincé entre l’épaule et l’oreille pendant qu’on fait ce qu’on peut et surtout ce que le médecin dit de faire. C’est aussi de permettre de lire avant de partir, histoire de ne pas être tout à fait démuni le jour où un besoin est là.

La pharmacie comprends des substances très réglementée (alcaloïdes !) qui nécessite à la fois une discussion préalable avec votre médecin et une prescription (ordonnance sécurisée) de ce dernier, ces calmants ne doivent pas être administrés de la seule initiative du skipper, d’où l’importance d’un moyen de communication avec un médecin. Il est évident qu’il ne faut surtout pas les approvisionner pour une croisière en Angleterre ou Espagne au risque de devoir fournir des explications compliquées a des douaniers soupçonneux.

Dans tous les cas je recommande vivement d’assister à une conférence du Dr JY Chauve, en plus d’être un très bon conférencier c’est un marin et un médecin très compétent sur son sujet. Je me permets de le citer :

Un médecin peut vous faire faire des tas de choses par téléphone mais il faut que vous ayez le matériel, les médicaments et que vous soyez prêt à le faire.


Idéalement il faudrait pouvoir transférer le fichier pharmacie au centre de Toulouse ou au médecin qui vous guide.

Enfin ce mémento n’est pas du tout destiné à être d’une lecture agréable, c’est un outil, clair et simplifié à l'extrême, pas un truc pour rêver ou pour découvrir des paysages, si vous voulez des récits allez voir mes autres articles ( pardon on dit « post » dans le langage branché d’internet).

Il est conseillé de remplir les renseignements sur l'équipage au grand complet avant de partir, en bref , le jour où sa saigne fort et que vous ne saurez pas ce qu’il faut faire, il est possible que, malgré votre état d’émotivité, vous soyez encore capable de lire le fichier que vous aurez préparé au médecin que vous aurez au téléphone, et il en aura besoin ( le médecin) . Dans ce but avoir le document imprimé à bord est indispensable, en plus de l’avoir en edoc pour pouvoir le transférer si besoin.


Un organisme à connaitre : le CCMM , relié au CHU de Toulouse le Centre de Consultation Médicale Maritime , accessible 24/24 et 7/7 . sur VHF canal 16, sur tel portable 196, au 32 ou 38 sur le réseau INMARSAT et bien sur par téléphone normal au +33 5 34 39 33 33. ( notez qu'Immarsat ne marche pas à proximité des pôles) , en bref ce sont eux qui vous guideront quand vous ne saurez plus quoi faire.


Enfin merci au Dr Laure Maral qui a bien voulu que je mette ça a disposition de tous sur le site du CNV.



En espérant que vous n’en n’ayez jamais besoin….

JL Maral.









Janvier 2022

Table des matières

1- EQUIPAGE.

a) Permanent.

b) Temporaire.

2- PHARMACIE DE BORD..

3- PROTOCOLES.

a) Traumatisme crânien.

Évaluation de la gravité.

Prise en charge.

b) Infection urinaire.

Définition.

Réalisation d’une bandelette urinaire.

Prise en charge.

c) Brûlures.

Classification.

Localisations à risque.

Prise en charge.

d) Plaies.

Généralités.

Technique de fermeture.

Suture au fil

Matériel :

Technique :

Technique nœud.

Agrafe.

Surveillance.

4- UTILISATION MATERIEL MEDICAL.

a) Garrot tourniquet.

Indication.

Pose.

ATTENTION..

b) Tensiomètre.

c) Injections sous cutanée et intra musculaire.

d) Reconstitution d’un antibiotique (ex : Rocéphine).

Matériel

Protocole.

Rocéphine (1gr)

e) Utilisation ANAPEN..

Vérification du médicament

Utilisation.





1- EQUIPAGE

a) Permanent



b) Temporaire






2- PHARMACIE DE BORD







Remarques de JLM:

Vous remarquerez que ce fichier est initialement un fichier Excel. Sur demande le fichier est disponible , il est en effet plus facile d'envoyer un fichier excel au médecin que ces captures d'images. C'est aussi plus simple pour une mise à jour .

Je n'ai hélas pas pu mettre ce fichier Excel sur le site pour des raisons technique.


3- PROTOCOLES

a) Traumatisme crânien

Traumatisme crânien = TC = choc à la tête y compris le visage.



Évaluation de la gravité

TC léger si :

- Pas de trouble de la vigilance : score de Glasgow > ou = 13

- Pas de perte de connaissance

- Pas de troubles du comportement

- Pas de convulsion

-

TC grave si :

- Trouble de la vigilance : score de Glasgow < 8

- Déficit neurologique focal (perte de force d’un membre, difficulté à parler)

- Convulsion

- Vomissements

- Perte de connaissance à distance du TC

- Perte de mémoire au-delà de 24h post TC


Facteur de risques liés au blessé :

- Trouble de la coagulation ou traitement anticoagulant ou entiagrégant

- >60ans

- Intoxication alcoolique ou autres drogues


Tableau 1 : Score de Glasgow






Prise en charge

Surveillance 24-48h.


Dans les heures et jours suivants, signes d’alerte :

- Forte somnolence

- Mal de tête important, prolongé

- Nausées, vomissements

- Engourdissement d’un membre, diminution de sa force ou de sa sensibilité

- Difficulté à parler

- Vision double ou trouble

- Trouble de l’équilibre ou de l’audition

- Écoulement de liquide clair ou de sang par le nez ou les oreilles


Signe d’alerte = consultation en urgence.


b) Infection urinaire

Définition

Cystite = infection urinaire basse :

- Pas de fièvre

- symptômes : brulures mictionnelles, douleurs à la miction, urines troubles ou malodorantes.

- Bandelette urinaire : leucocyte + +/- nitrite +


Pyélonéphrite aigue= infection urinaire haute :

- Fièvre ³ 38,5°C

- Douleurs lombaires le plus souvent unilatérale

- symptômes : brulures mictionnelles, douleurs à la miction, urines troubles ou malodorantes.

- Bandelette urinaire : leucocyte + +/- nitrite +


Réalisation d’une bandelette urinaire

- Lavage des mains à la solution hydro alcoolique. Au minimum à l’eau et au savon.

- Recueil des urines à partir du 2ième jet urinaire sans toilette périnéale préalable dans un récipient propre et sec, non stérile.

- Tremper complétement les zones réactives de la bandelette dans l’urine.

- Tamponner le rebord de la bandelette sur une compresse pour éliminer l’excès d’urine.

- Maintenir la bandelette horizontale pour éviter le mélange des réactifs.

- Respecter le temps de lecture indiqué par le fabriquant.

- Comparer les résultats obtenus à la réglette comparative.

- Noter les résultats, l’aspect des urines (couleur, odeur) et la date-heure de l’analyse.


Prise en charge

Cystite = infection urinaire basse :

Pas d’obligation d’un avis médical.

Antibiothérapie probabiliste en prise unique : MONURIL 3gr 1 sachet


Pyélonéphrite aigue= infection urinaire haute :

Prise d’un avis médical.

Antibiothérapie probabiliste débutée selon la distance d’un laboratoire et la tolérance du patient.

Pas d’antibiotique sans l’avis médical.


c) Brûlures

Classification





!! Plus c’est grave moins ça fait mal !!






Localisations à risque

- Circulaire des membres

- Face (risque de gêne respiratoire)

- Mains (risque de gêne fonctionnelle)

- Périnée (risque septique)


Prise en charge

- Mise à distance de l’agent responsable

- Retirer les vêtements en contact avec la peau lésée (découper aux ciseaux si besoin).

- Mettre immédiatement la brûlure sous l’eau froide pendant 20 min (15 degrés), (diminue la profondeur de la brûlure, diminue la réponse inflammatoire, effet antalgique). Sauf si brûlures chimique ou électrique.

- Pas de glaçage. Pas de traitement traditionnel. Pas de linge mouillé.

- Désinfection à la Chlorexidine.

- Si cloque > quelques millimètres : Excision en la vidant avec une aiguille stérile puis enlever la peau avec des ciseaux/bistouri stériles.

- Couvrir les plaies avec des pansements occlusifs stériles (Hydrocolloïdes= DUODERM)

- Réfection quotidienne des pansements (antalgique potentiellement nécessaire avant les soins)

- Prendre des photos quotidiennes si loin de la terre


d) Plaies

Généralités

- Lavage des mains

- Lavage à l’eau claire et au savon pour retirer les corps étrangers, le sang coagulé, les tissus nécrosés non adhérents

- Rechercher un saignement actif

- Pas d’indication à l’utilisation d’un antiseptique si le lavage à l’eau a pu être abondant

- Si plaie sur une zone pileuse et que les poils gênent : couper les poils/cheveux. Pas de rasage.

- Prendre des photos de la plaie

- Toute plaie de la main, des doigts, d’une articulation doit être explorée par un médecin à la recherche d’une atteinte d’un nerf, tendon ou vaisseau.

ð Avis médical obligatoire


Technique de fermeture





Suture au fil

Matériel :

- Compresses stériles

- Fil à suture

- Porte aiguille

- Ciseau ou bistouri

- Pince

- Chlorexidine


Technique :







Technique nœud :





Agrafe

- Lavage des mains

- Mettre un linge propre sous la plaie


- Ouvrir sur le linge plusieurs paquets de compresses stériles

- Mettre une paire de gants stériles

- Désinfecter la plaie en escargot sans repasser au même endroit avec de la Chlorexidine. Désinfecter l’intérieur par irrigation (utilisation d’une seringue stérile sans aiguille)

- Retirer tous corps étrangers dans la plaie

- Maintenir les berges de la plaie rapprochées grâce à la pince

- Positionner l’agrafeuse perpendiculaire au plan de la peau

- Agrafer la plaie en exerçant une légère pression sur la peau en allant d’une extrémité à l’autre de la plaie

- Environ 5-10mm entre chaque agrafe

- Nettoyage et pansement comme les sutures au fil


Surveillance

Consultation médicale si apparition :

- couleur anormale de la plaie ou de la peau

- douleur importante

- odeur nauséabonde

- écoulement de liquide, de pus ou de sang persistant

- fièvre ou frissons

- ouverture de la plaie

- déficit de la sensibilité ou des muscles


Ablation des fils/agrafes :






4- UTILISATION MATERIEL MEDICAL

a) Garrot tourniquet

Indication

Hémorragie externe de membre pour laquelle la compression manuelle avec ou sans pansement compressif est impossible ou inefficace (saignement abondant persistant).

Situations où la compression manuelle est impossible :

  • Amputation, arrachement de membre ;

  • Saignements multiples ;

  • Plaie hémorragique avec corps étranger ;

  • Nécessité de prendre en charge une autre urgence vitale ou un autre blessé.

Pose

La pose du garrot doit être situé à quelques centimètres de la plaie, même si celle-ci est localisée sur l’avant-bras ou la jambe de la victime.


- Se protéger les mains par des gants à usage unique non stérile,

- Allonger la victime en position horizontale,

- Positionner la sangle sur le membre atteint,

- Passer la sangle à travers la boucle du garrot,

- Serrer la boucle fortement,

- Verrouiller la boucle,

- Tourner la poignée de torsion jusqu’à l’arrêt du saignement,

- Positionner la poignée de torsion dans le crochet fixe,

- Couvrir la victime d’une couverture de survie.


ATTENTION

- La pose d'un garrot par un particulier doit se faire après avoir joint les secours

- NOTER l’heure de pose du garrot

- L’application d’un garrot tourniquet est toujours ressentie par la victime comme douloureuse. Seul but du garrot est d’arrêter une hémorragie et de sauver des vies

- Ne pas retirer ou desserrer le garrot, même quelques secondes ; le desserrage doit être supervisé par le corps médical

- Jamais poser un garrot directement sur une plaie ou sur une articulation

- Garder le garrot visible et non recouvert pour être facilement repérable par les soignants




b) Tensiomètre

Prise de la tension en position assise ou allongée au calme depuis 5 minutes en dehors de toute situation d’urgence.





Unité de mesure : mmHg (millimètre de mercure)





c) Injections sous cutanée et intra musculaire




d) Reconstitution d’un antibiotique (ex : Rocéphine)

! Vérifier la concordance entre la prescription et le médicament prélevé ainsi que le dosage.


Matériel

- Flacon du médicament en poudre

- Ampoule de sérum physiologique stérile

- Compresses stériles

- Aiguille

- Seringue stérile

- Antiseptique local (Chlorexidine)


Protocole

- Se laver les mains

- Oter la capsule métallique ou plastique du flacon à l’aide d’un porte aiguille si besoin (!! coupant)

- Ne jamais enlever le bouchon en élastomère des flacons

- Désinfecter le bouchon avec une compresse imprégnée d’antiseptique

- Ouvrir les emballages du matériel (aiguilles, seringue)

- Assembler la seringue à l’aiguille puis retirer le capuchon de protection de l’aiguille

- Introduire l’aiguille dans l’ampoule de sérum physiologique sans toucher le col de l’ampoule

- Aspirer le produit en tirant délicatement le piston : prélever le produit en retournant l’ampoule (ampoule en haut, seringue en bas) en maintenant l’aiguille immergée dans le liquide

- Rassembler les bulles d’air en tapotant le corps de la seringue

- Eliminer l’air contenu dans la seringue en la tenant verticalement (aiguille en haut)

- Vérifier que le volume prélevé correspond dans la seringue

- Introduire l’aiguille dans le flacon de médicament en piquant perpendiculaire dans le bouchon en élastomère

- Injecter lentement le volume de solvant prélevé

- Agiter doucement le flacon pour reconstituer le médicament sans retirer l’aiguille

- Vérifier la dissolution correcte

- Aspirer selon la technique précédente la dose prescrite

- Oter l’aiguille du flacon

- Aspirer un peu d’air, puis rassembler les bulles et purger la seringue


Rocéphine (1gr)

Préparation pour IM : 4ml sérum physiologique

Préparation pour SC : 3,5ml sérum physiologique


e) Utilisation ANAPEN

Uniquement sur prescription médicale





Vérification du médicament

- Tourner la bague pivotante pour aligner les lentilles sur les fenêtres d’inspection de la solution

- Vérifier que la solution est limpide

- S’assurer que l’indication d’injection n’est pas rouge

- Retourner la bague pivotante pour recouvrir les fenêtres d’inspection



Utilisation





Enlever le bouchon noir protecteur de l’aiguille en tirant fortement. Son retrait permet de retirer une gaine protégeant l’aiguille


Enlever le capuchon gris de sécurité du bouton rouge déclencheur en tirant


Appuyer fermement le dispositif sur la face externe de la cuisse puis appuyer sur le déclencheur pour entendre un « clic ».

Si besoin, l’injection peut se faire à travers des vêtements fins


Maintenir en position pendant 10 sec. Masser doucement le site d’injection

Vérifier que l’auto-injecteur est passé au rouge. Si l’indication n’est pas rouger : recommencer.

Après l’injection : recouvrir l’aiguille de la partie large du bouchon noir protecteur









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